Yoyo, membre du CCC, va vous faire aimer le tri

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La startup bordelaise Yoyo, membre du Club Commerce Connecté, est un site collaboratif de tri. Son but : doubler le taux de recyclage des déchets plastiques dans les villes en récompensant les citoyens pour le tri de leurs ordures.

Le 31 mai dernier, à l’occasion de la semaine du développement durable, Yoyo a lancé, au centre commercial Mériadeck, à Bordeaux, un nouveau service portant le même nom. Selon Eric Brac de La Perrière, ancien Directeur d’Eco-Emballages (de 2009 à 2016) et Président-fondateur de l’entreprise bordelaise, le nom de Yoyo porte en lui le principe même de la startup : « Dans notre nom, il y a tout. Avec Yoyo, c’est très simple, je consomme et je récupère c’est-à-dire que les personnes qui trient sont récompensées. Pour nous, il est important d’agir juste après l’acte de consommation« .

« Cela fait 10 ans que je m’occupe de tri et j’ai vu la force de l’engagement des habitants qui trient tous les jours leurs cartons, papiers, plastiques et verre. Mais bien souvent, en ville, cette bonne volonté se heurte à des difficultés pratiques. Et c’est là où l’on consomme le plus que l’on trie le moins : la collecte en ville stagne à moins de 30 % pour les plastiques. Le système actuel de collecte coûte de plus en plus cher – près de 1 milliard d’euros par an -, il ne progresse pas et de nombreux habitants doutent de son efficacité, sans compter que 750 millions de tonnes de plastiques seront produites en 2050« .

Yoyo a l’ambition d’apporter une « dose d’humanité » dans le geste de tri. Ainsi, le gardien de son immeuble, un voisin ou encore un commerçant fait office de coach. Celui-ci va être la base logistique du tri. En effet, il explique la démarche aux trieurs. Il leur donne un sac et le récupère une fois plein. A chaque sac Yoyo rempli, l’utilisateur reçoit des points qui sont transformés en bons de réduction pour des activités culturelles, des transports, des places de cinéma ou encore de concert.
Une cinquantaine de coachs sont déjà mobilisés. Selon Eric Brac de La Perrière, il en faudrait au moins 300.

La startup garantit la traçabilité du plastique récupéré. Chaque sac récupéré sera numéroté pour assurer son suivi jusqu’à son recyclage. Pour le moment, le tri se fait à Bordeaux et à Lyon. Mais d’ici la fin de l’année, Yoyo sera également présent à Paris, Mulhouse, Marseille et Lille.

Le dispositif déployé par Yoyo est un complément à ce que les Villes et Métropoles font déjà. Il ne s’agit pas de remplacer leurs actions mais de renforcer les performances.

Selon Eléonore Baloud, Directrice du centre commercial Mériadeck à Bordeaux « cela ne nuit à personne et cela n’impacte absolument pas notre fonctionnement général non plus« . Le centre commercial fait partie de la quinzaine de partenaires mobilisés aux côtés de Yoyo. « C’est un endroit stratégique alors que 10 millions de personnes y passent chaque année« , relève Eric Brac de La Perrière.

Pour les coachs comme pour les utilisateurs, « aucun investissement n’est nécessaire. On ne demande pas d’acheter des machines. C’est une solution humaine et collaborative« .

Yoyo a un business model basé sur la vente de matière mais aussi sur la signature de partenariats avec des entreprises qui y trouvent leur compte. Par exemple, « le restaurant Mama Shelter fait des économies sur 15 % de sa facture de déchet« .

Encore en phase de lancement, le bordelais emploie 7 personnes et son chiffre d’affaires devrait atteindre 300.000 à 400.000 € à la fin de l’année 2017.

via La Tribune